Presse algérienne - France : l'indemnité des harkis fortement revalorisée

25/03/2025

ObservAlgérie - le Le 25 mars 2025

Par Aylan AFIR

Depuis la publication d'un décret en 2022, les harkis ayant séjourné dans des camps en France, notamment celui de Bias, bénéficient d'une revalorisation significative de leurs indemnités. Un geste qui a pour objectif de réparer en partie les souffrances subies par ces anciens supplétifs de l'armée française durant la guerre d'Algérie.

Jusqu'à récemment, les harkis recevraient une indemnité de 1000 euros par an pour chaque année passée dans les camps, une somme jugée insuffisante par de nombreuses associations. Et Charles Tamazount, président d'une association de harkis, en parle encore aujourd'hui à l'occasion d'une visite, effectuée cette semaine, dans l'un des camps ayant abrité les harkis au lendemain de l'indépendance de l'Algérie.

« C'est le combat d'une vie. Une procédure que je porte depuis quatorze ans. Justice est rendue. Je suis arrivé à bout », a-t-il fait savoir à l'édition locale de Sud-Ouest, non sans rappeler que la décision d'octroyer 1000 euros par an passé dans les camps « a reconnu des faits graves mais elle n'a pas fait œuvre de justice. La France a été condamnée pour traitements inhumains ou dégradants, mais, sur les réparations, les sommes étaient loin du réel ».

Une victoire pour les associations de harkis

Toutefois, le décret issu de la loi de 2022 a décidé de quaterner cette indemnité, la portant désormais à 4000 euros par an. Cette revalorisation, applicable aux harkis ayant séjourné dans des camps tels que celui de Bias en Lot-et-Garonne, représente un signe concret de reconnaissance des injustices passées.

Les conditions de vie dans ces camps après la guerre d'Algérie étaient particulièrement difficiles. Séparés de leurs terres natales et souvent maltraités par la société, les harkis ont longtemps vécu dans l'ombre, sans réelle réparation pour les souffrances endurées. C'est cette situation que tente aujourd'hui de rectifier l'État français, même si les mémoires restent douloureuses.

Charles Tamazount, président de l'association Harkis et Vérité et originaire du camp de Bias, a salué cette avancée. Il porte depuis plus de quatorze ans la lutte pour la reconnaissance des droits des harkis. Après avoir saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), il a obtenu gain de cause concernant les conditions de vie dans ces camps. Toutefois, les indemnités de l'époque étaient jugées trop faibles. La CEDH avait recommandé une indemnisation minimum de 4000 euros par année de camp, une recommandation qui a donc été suivie par le gouvernement français à travers cette réforme.

Une réparation étendue à d'autres camps

Cette mesure ne concerne pas seulement les harkis du Lot-et-Garonne. Les indemnités sont également revalorisées pour ceux ayant vécu dans d'autres camps, comme celui de Saint-Maurice l'Ardoise dans le Gard. Cela permet d'étendre les bénéfices de cette réparation à un plus grand nombre d'individus, renforçant ainsi l'effort de reconnaissance des souffrances de cette catégorie de Français.

Si cette revalorisation représente une avancée sur le plan matériel, elle constitue également un symbole fort pour leurs descendants. Le geste de l'État permet d'établir une reconnaissance officielle des injustices subies par ces familles, et marque un pas vers la réconciliation des mémoires, encore tendues sur cette période de l'histoire, notamment entre les harkis et l'Etat français.

Source : Journal algérien ObservAlgérie

Tous droits réservés 2020
Optimisé par Webnode
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer