La presse algérienne appelle le président Tébboune à protéger la communauté harkie de France du racisme anti-arabe et l’islamophobie
La presse algérienne n'en finit pas de porter de l'intérêt pour les familles de harkis de France qu'elle considère aujourd'hui comme faisant partie intégrante de la diaspora algérienne en France.
Après l'affaire de la mosquée des harkis à Pertuis dans le Vaucluse et l'affaire du refus de la minute de silence le 25 septembre dernier dans cette même commune, le journal algérien La Nouvelle République en appelle au président algérien Abdelmadjid TEBBOUNE pour protéger les familles de harkis du racisme anti-arabe et l'islamophobie en France. Pour le journal La Nouvelle République, le Gouvernement algérien ne doit pas exclure de proposer aux familles de harkis de revenir en Algérie !

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Article du journal algérien La Nouvelle République du 21 octobre 2025
Divorce
Les harkis de France rattrapés par le racisme anti-arabe et l'islamophobie
Rédaction LNR
La lune de miel fielleuse entre la France et ses harkis semble prendre fin. Le divorce est pratiquement consommé. Dès le départ, l'union entre ces deux entités bellicistes était contre nature. Car elle s'est bâtie sur les champs de guerre génocidaire menée contre le peuple algérien. La France coloniale était le cerveau de cette guerre d'extermination des combattants indépendantistes algériens, et les supplétifs harkis ses bras armés indigènes.

Tous deux étaient mus par la même hostilité meurtrière du
révolutionnaire algérien et la même sanguinaire détermination d'écraser
dans le sang la volonté d'émancipation nationale manifestée par le
peuple algérien viscéralement anticolonialiste.
En France, les harkis ont toujours été considérés comme des Arabes à
tenir à l'écart de la société. La preuve : dès leur rapatriement ils ont
été parqués comme des animaux dans des camps, loin des regards des
Français de souche. Aux yeux des Français, ils sont toujours demeurés
des indigènes, des «Français» musulmans citoyens de seconde zone.
La France aura ainsi élevé, comme des sous-humains, les enfants de
harkis dans des camps de reclassement pour mieux assurer et réussir leur
déclassement. Voilà où la France «reconnaissante» aura précipité les
enfants de harkis : dans les camps de reclassement, vecteurs de leur
déclassement, dans les centres hospitaliers psychiatriques pour soigner
leur relégation, dans les services sociaux pour quémander leur survie,
réclamée par ailleurs dans un français approximatif, au lexique pauvre
faute d'avoir reçu une scolarité digne.
Aujourd'hui, la France, raciste et islamophobe, vient rappeler à ses
harkis qu'elle les considère comme des musulmans, donc, selon la
terminologie politique extrême-droitière en vogue, des islamistes.
Ainsi, les harkis sont renvoyés à leur arabité et assignés à leur
islamité, au moment où ces deux notions culturelle et cultuelle sont
furieusement stigmatisées et criminalisées en France.
Le jeudi 25 septembre, Journée nationale d'hommage aux harkis, la
municipalité de Pertuis a appelé ses habitants à ne pas participer à la
minute de silence organisée par l'association Français Musulmans
Rapatriés de Pertuis. La ville accuse l'association de «militantisme
islamiste».«On n'a jamais vu ça, une minute de silence en hommage aux
harkis interdite par la mairie de Pertuis», s'indigne un membre de
l'association.
Ainsi, Le 25 septembre, pourtant Journée nationale d'hommage aux harkis,
des membres et soutiens de l'association Français Musulmans Rapatriés
de Pertuis ont été interdits d'accès groupé à la stèle pour commémorer
«les soldats musulmans de l'armée française pendant la guerre
d'Algérie». Probablement à cause du qualificatif «musulmans» accolé au
nom «soldats».
A l'ère du racisme hexagonal décomplexé et du militarisme cocardier
belliciste, l'Etat français exige, certes, l'union sacrée autour de
valeurs tricolores, mais exemptes de toute référence à la culture arabe
ou au culte musulman.
Ironie de l'histoire, les fils et petits-fils des soldats harkis, ces
soldats qui ont endossé l'uniforme de l'armée coloniale française pour
combattre leurs frères de sang et de religion, ont dû faire face, ce
jeudi 25 septembre, aux policiers municipaux et aux gendarmes dépêchés
sur place pour tenir en respect ces musulmans accusés d'appartenir à la
mouvance islamiste. Une accusation brandie systématiquement contre tout
musulman aux pratiques jugées par trop rigoristes. Et, désormais, contre
les enfants de harkis.
La ville de Pertuis accuse l'association Français Musulmans Rapatriés de
«mêler, dans ses prises de position, un militantisme islamiste à des
thématiques mémorielles, ce qui constitue une instrumentalisation de
l'Histoire inacceptable». Une accusation réfutée par l'association qui
envisage de porter plainte pour «diffamation». Pour l'association,
l'affaire semble surtout «politique». Elle illustre le climat
d'«islamophobie ambiant» qui règne actuellement en France.
Preuve de cette stigmatisation et excommunication des harkis,
symbolisées par la répudiation par la ville de Pertuis des membres de
l'association Français Musulmans Rapatriés, la municipalité a décidé en
2023 de revenir sur le bail initial en proposant une convention de 12
ans, révocable à tout moment et sans possibilité de recours. Or,
jusque-là, l'association bénéficiait depuis plus de 50 ans d'un local
communal mis gratuitement à sa disposition et pour une longue durée.
Sans surprise, en février 2024, la mairie a expulsé l'association de ses
locaux.
Au final, ce jeudi 25 septembre, la ville de Pertuis a bien rendu
hommage aux harkis, mais à la mairie, «entre-soi gaulois», en présence
des officiels français, notamment le sous-préfet, le député de la
circonscription et de nombreux élus locaux. Sans la participation des
harkis membres de l'association Français Musulmans.
Ironie du sort, les harkis, qui se proclamaient plus français que les
Français, découvrent, à leur corps défendant, qu'ils ne sont pas
épargnés par le racisme anti-arabe et l'islamophobie ambiante.
Probablement, comme ils ont écrit, en janvier 2023, une lettre au
président français, Emmanuel Macron, pour lui demander de les protéger
d'Algeriepatriotique et de l'auteur de ces lignes (*), vont-ils écrire,
cette fois-ci, au président Tebboune pour l'adjurer de les protéger du
racisme et de l'islamophobie qui sévissent actuellement en France. Voire
de rapatrier leurs familles et enfants en Algérie pour échapper au
climat délétère ambiant, à la montée du fascisme, aux potentielles
ratonnades pogromistes visant les Arabes et les musulmans.
Khider Mesloub
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Article de la rédaction de France Bleue
Polémique autour de la cérémonie d'hommage aux harkis à Pertuis
David Dauba
Publié le mercredi 24 septembre 2025
La mairie appelle les habitants à ne pas participer à une minute de silence organisée ce jeudi par une association locale. En cause : une manifestation non déclarée et des prises de position jugées militantes.
Dans un communiqué publié en début de semaine, la mairie de Pertuis demande aux habitants de ne pas se rendre, ce jeudi 25 septembre à 14h30, sur le site de l'ancien camp harkis du Clos des Jardins, où doit se tenir une minute de silence à l'occasion de la journée nationale d'hommage aux harkis. Raisons invoquées par la municipalité : une manifestation non déclarée et une association organisatrice accusée de mêler militantisme islamiste et mémoire historique, au risque d'une « instrumentalisation de l'Histoire ». Des arguments rejetés en bloc par les organisateurs.
Le secrétaire de l'association des Français musulmans rapatriés de Pertuis n'est qu'à moitié surpris par ce communiqué. Selon lui, "les relations avec la mairie ont été bonnes pendant plus de 40 ans". L'association bénéficiait depuis les années 1970 d'un local communal mis à disposition gratuitement et pour une longue durée. Mais en 2023, tout change. La municipalité décide de revenir sur le bail initial en proposant une convention de 12 ans, révocable à tout moment et sans possibilité de recours. Hors de question pour les membres de l'association, qui refusent de la signer. Résultat : en février 2024, la mairie expulse l'association de ses locaux.
Deux cérémonies au lieu d'une seule
Depuis, le torchon brûle entre les deux parties. Le dossier est entre les mains de la justice, mais en attendant un éventuel règlement, deux cérémonies distinctes sont désormais organisées chaque année : l'une par la mairie, l'autre par l'association. Reste que les arguments avancés par la municipalité dans son communiqué peuvent étonner, notamment l'utilisation du drapeau national « sans autorisation ». Une critique qualifiée de fallacieuse par l'association : « Il n'y a jamais eu besoin d'autorisation pour utiliser le drapeau français. Il appartient à tous ». Quant à l'accusation de militantisme islamiste, le secrétaire de l'association parle de « diffamation, une invention qui n'a jamais existé ».
Contactée par Ici Vaucluse, la mairie de Pertuis n'a pas donné suite à nos demandes.
